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Montréal/Laval n’est pas à l’abri de la menace chinoise

Au Québec, l’industrie du caoutchouc vit un tournant majeur. Et les villes de Montréal/Laval n’y échappent pas. Bien qu’elles ne soient pas encore frappées de plein fouet comme l’industrie du textile, les entreprises devront réorienter leur production tôt ou tard.

C’est du moins le constat de Lucie McCutcheon, chargée de projets au Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie du caoutchouc du Québec (CSMO Caoutchouc). «Le caoutchouc est fortement interpellé dans sa façon de gérer les opérations et doit maintenant se tourner vers l’innovation, la recherche et le développement et se positionner par rapport à la menace asiatique, notamment les Chinois. Et l’Inde commence à devenir menaçante».

Les manufacturiers de la transformation du caoutchouc sont davantage concentrés en Estrie, en Montérégie et à Montréal/Laval. Des 132 entreprises répertoriées au Québec, on en compte une cinquantaine dans la région de Montréal/Laval. Quelque 2 600 emplois sont directement reliés à ce secteur. «Certes, il n’y a pas eu encore de mises à pied à Montréal/Laval. Mais cela ne saurait tarder puisque des entreprises en Estrie ont déjà procédé à des licenciements et à une restructuration en profondeur de leurs activités».

Plusieurs menaces

Outre la concurrence asiatique, plusieurs autres facteurs viennent ébranler l’industrie. Dans son plus récent rapport Diagnostic sectoriel qui dresse un portrait général du secteur, le CSMO Caoutchouc indique que «la hausse des prix du caoutchouc naturel et synthétique, l’augmentation du prix du pétrole et l’appréciation du dollar canadien rendent nos exportations plus vulnérables».

Un autre point sur lequel se penche l’organisme est celui de la formation de la main-d’œuvre. «La survie de l’industrie passe aussi par la formation. Elle est essentielle pour permettre aux entreprises de mieux réussir sur le marché et d’être plus concurrentielles. Et jusqu’à présent, les manufacturiers semblent bien d’accord avec cette politique», ajoute madame McCutcheon.

Période critique

Selon Industrie Canada, l’industrie du caoutchouc entre dans une période charnière. Elle fonctionne à plein régime pour le moment. Toutefois, l’avenir appartiendra aux manufacturiers qui réussiront à raffermir leurs liens avec les clients et à proposer des produits davantage personnalisés.

Au CSMO Caoutchouc, il est clair que la production à haut volume doit cesser si les entreprises veulent demeurer actives. «Il vaut mieux se concentrer vers des produits de niche qui vont répondre à des besoins très pointus et rapides à des clients d’ici. Nous n’avons pas les moyens économiques de poursuivre la production de masse contrairement aux Chinois».

Avenir assuré

Tout réside dans le choix de développer de nouveaux créneaux sur lesquels la concurrence étrangère ne peut constituer une menace. Et il y a encore davantage. Le CSMO Caoutchouc énumère sept solutions à suivre à l’intention des entreprises qui veulent assurer leur avenir:

  • Doter l’industrie d’une main-d’œuvre de qualité par le biais d’une formation continue;
  • Enrichir l’offre de formation initiale;
  • Introduction de nouvelles technologies, recherche et développement de nouveaux produits;
  • Augmenter la compétitivité des entreprises;
  • Augmenter la production à valeur ajoutée;
  • Devenir des fournisseurs de solutions complètes;
  • Diversification des marchés.

«Je demeure très optimiste pour l’avenir dans la mesure où l’on revoit nos façons de faire, c’est un incontournable pour demeurer en vie. Ce n’est pas parce que la production à haut volume se déroule en Chine qu’on ne puisse pas être revendeur de ces produits-là», précise madame McCutc                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            heon.

Toujours selon le rapport, «le recyclage ouvrira également la porte à de nouvelles occasions d’affaires en raison des exigences environnementales et des tendances de l’industrie automobile mondiale».

La région de Montréal/Laval a encore une chance de se rattraper. Le signal d’alarme a déjà retenti en Estrie et en Montérégie, reste maintenant aux entreprises d’ici à effectuer le virage nécessaire pour assurer la continuité de leurs opérations.

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