Accueil » Dossiers » Le métal utile à l’environnement

Le métal utile à l’environnement

C’est sous l’angle de l’innovation et de la mise en marché de nouveaux produits respectueux de l’environnement que mise, pour son développement, Projexco et sa filiale Pontec Technologies, une entreprise spécialisée dans la fabrication de ponts et de passerelles métalliques établie à Sainte-Luce, près de Rimouski.

Le ponceau mobile, le pont pliable et les caissons de pont sont les trois produits à l’origine de la nouvelle mission environnementale de la compagnie qui voit son chiffre d’affaires augmenter de 20% par année pour atteindre les 4,5 millions de dollars.

Le ponceau mobile, qui se transforme en une grande valise de 1,8 mètre (six pieds) par 3 mètres (10 pieds), est facilement transportable et réutilisable afin de permettre le passage d’équipements d’un chantier forestier ou de voirie à un autre en épargnant le lit des rivières.

«Quand je travaillais dans des opérations de coupe forestière, il y avait toujours des ruisseaux à traverser et il fallait le faire rapidement. Notre ponceau de 6 000$ peut s’installer en quinze minutes, sans grosse machinerie et main d’œuvre spécialisée et est vendu par ensemble de deux sections, sous la forme d’une grosse valise. On peut le déplacer par la suite en refermant la valise et le réinstaller sur un autre ruisseau. Ce pont peut supporter un poids de 40 tonnes», décrit Roger Gagnon, directeur des opérations à Projexco.

Pont pliable

Un autre produit respectueux de l’environnement, le pont pliable surélevé, remplace les ponceaux circulaires supportés par de lourds tuyaux de béton qui détruisent le lit des rivières et les berges inondables. Ce pont peut être construit sur mesure au coût de 29 500$ et installé en seulement une journée par une équipe de trois hommes avec une pelle hydraulique.

«On peut livrer le produit clés en main, ou l’acheteur peut aussi l’installer lui-même, décrit Roger Gagnon, directeur des opérations.

La famille de produits PONTEC met aussi en marché des caissons de ponts fabriqués en une seule pièce, en acier galvanisé, particulièrement utilisés dans les travaux de génie civil. Ils sont jusqu’à 20% plus résistants que les panneaux assemblés.

«Le ralentissement temporaire dans l’industrie forestière pour nos produits est largement compensé par les marchés du secteur municipal et du ministère des Transports du Québec, qui sont apparus depuis le lancement des produits PONTEC. Mais l’industrie forestière aura besoin de nos produits puisque les exploitants forestiers vont chercher de plus en plus loin le bois, même s’ils font moins de coupe forestière. Par exemple, nous venons de vendre 14 ponceaux mobiles à la compagnie Kruger», constate Jacques Tardif, président fondateur de Projexco.

Modélisation 3D

Projexco possède un département de recherche et développement qui a proposé une cinquantaine de modifications aux ponceaux, afin de bonifier le produit tout en travaillant sur de nouveaux produits.

La modélisation en 3D des produits PONTEC a bénéficié de l’expertise et du travail d’un ingénieur en mécanique formé au département d’ingénierie de l’Université du Québec à Rimouski.

«Nous sommes la seule compagnie au Québec à fabriquer ces ponceaux – sous instance de brevet – lesquels sont des produits de protection de l’environnement. Nous offrons des produits qui coûtent 20% de moins que les produits conventionnels comparables. L’installation de ces infrastructures devient de plus en plus coûteuse pour les entreprises en raison des normes environnementales. Avec nos produits, les compagnies gagnent beaucoup de temps et d’argent dans le respect des normes environnementales», soutient Jacques Tardif, qui aime bien dire que les «le client peut dormir tranquille si la rivière sort de son lit» après l’installation des ponceaux de Projexco.

L’entreprise Projexco a acquis pour faire face à ce nouveau défi une presse hydraulique de 400 tonnes et construit de nouvelles installations au coût de 1,3 M $.

Nouvelle équipe

Ces dernières années, une nouvelle équipe partage la responsabilité de la gestion de l’entreprise, composée de trois cadres de l’entreprise, qui a pour objectif de créer 50 emplois sur un horizon de trois ans. «Nous sommes capables dans ce nouveau marché d’atteindre cet objectif en développant de nouveaux alliages et de nouveaux designs qui respectent l’environnement» décrit Roger Gagnon, directeur des opérations à Projexco.

Cette tendance environnementale est lourde puisque dans le secteur maritime où oeuvre aussi Projexco, les donneurs d’ordre exigent, par exemple, que les machineries utilisées fonctionnent avec de l’huile végétale.

Projexco travaille aussi dans la réparation et la construction de quais. Elle a à son actif les quais des Escoumins, de Matane, le quai d’Amours de Rivière-au-Renard et le quai de l’Étang du Nord aux Îles-de-la-Madeleine. La compagnie est maintenant en mesure de s’attaquer à de nouveaux marchés, notamment aux États-Unis et dans les provinces maritimes.

«Nous ne pouvons plus rester dans le seul marché québécois. Je travaille pour avoir toutes les approbations nécessaires pour exporter aux États-Unis» dit Roger Gagnon.

Des ponceaux mobiles seront installés cet hiver au Vermont sous la supervision technique de Projexco qui a aussi conclu des premières ventes au Nouveau-Brunswick. La nouvelle presse hydraulique de 400 tonnes de Projexco, qui sert à fabriquer ces nouveaux produits, a été dénichée en Caroline du Sud grâce à Internet. «Je suis parti avec mon camion faire le tour des équipements disponibles à Détroit, à Philadelphie, dans les Carolines, dans l’État de New-York…pour la rentrer dans l’usine, on a dû faire un trou», rappelle Roger Gagnon.

L’expansion de l’entreprise dans ces nouveaux marchés et à l’étranger retardera la retraite du président-fondateur qui transférera, à moyen terme, la propriété de l’entreprise aux nouveaux cadres de la compagnie. C’est à Rimouski, en 1988, que Jacques Tardif a fondé Projexco. En 1999, la compagnie fait l’acquisition d’un entrepôt à Sainte-Luce, à 10 kilomètres à l’est de Rimouski, qui est devenue l’usine d’aujourd’hui.

Aucun commentaire.

Répondre