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L’environnement : une priorité chez Eka Chimie

Eka Chimie, une usine de chlorate de sodium implantée à Magog depuis 1979, est l’une des rares entreprises manufacturières québécoises à transférer ses rejets à son voisin qui l’utilise comme matière première.

En fait, Eka Chimie produit de l’hydrogène au terme de la réaction chimique nécessaire à la fabrication de son produit final similaire au sel de table, qui est utilisé par les papetières à la place du chlore dans la technique de blanchiment de la pâte.

L’hydrogène est alors compressé et se rend via un simple tuyau chez Boc Gaz, qui le liquéfie et le vend sous forme liquide à ses clients situés aux quatre coins de l’Amérique du Nord.

Eka Chimie émet d’autres rejets, mais l’entreprise se vante d’être à l’avant-garde en matière de protection de l’environnement. La directrice de l’usine magogoise depuis trois ans, Cynthia Martin, rappelle que son entreprise n’est pas considérée comme un producteur de gaz à effet de serre par les organismes gouvernementaux. Ce qui n’est pas peu dire pour une usine œuvrant dans le domaine des produits chimiques et manipulant un produit présentant un risque d’explosion. « La sécurité et l’environnement sont deux éléments clés de notre philosophie », indique Mme Martin.

Une culture européenne

Cette culture s’explique par les origines européennes de la compagnie, là où la protection de l’environnement prend souvent tout son sens. La compagnie-mère Akzo Nobel, a son siège social en Hollande. Akzo Nobel est d’ailleurs inscrit à la bourse d’Amsterdam et au Nasdaq. Son action valait 57,55 $ à New York, à la fin août.

Pendant que le Québec et le Canada ont mauvaise presse en matière de rejets industriels dans la nature, Eka Chimie prend le taureau par les cornes en avisant rapidement le ministère de l’Environnement dès les premiers pépins.

Mme Martin rappelle deux circonstances de dépassement de normes environnementales en 2005. La première concernait la concentration de chlorate à la rivière Magog, qui borde le vaste terrain d’Eka Chimie. La seconde touchait la demande chimique en oxygène également dans le même cours d’eau.

Selon elle, les deux situations ont été rapidement résolues sans dommages environnementaux. Une porte a été étanchée et un suivi plus serré des produits de traitement utilisés aux tours de refroidissement est réalisé. « Nous faisons de l’autosurveillance ainsi que des tests réguliers et fréquents. On déclare au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec en moins de 24 heures sans attendre le rapport mensuel», insiste-t-elle.

En 2005, Eka Chimie a reçu l’accréditation pour la norme RC 14001 pour assurer un contrôle encore plus rigoureux. Ce programme est complémentaire aux différentes normes et programmes auxquels la compagnie souscrit déjà.

« La combinaison de tous ces programmes permet de nous assurer que nous avons en place une vision et une structure qui permettent le développement durable pour les gens de nos collectivités et les standards de qualité requis par nos clients. Nous serons aussi bientôt audités par nos spécialistes corporatifs en regard de la santé, sécurité et l’environnement et aussi par l’Association canadienne des fabricants de produits chimiques », lit-on sur le rapport annuel de la compagnie.

Des émissions de chrome et de chlore parmi les plus basses dans l’industrie

Mme Martin se vante aussi que l’entreprise magogoise réduit continuellement ses émissions de chrome et de chlore dans l’eau et l’atmosphère. « Nos rejets se situent bien en dessous des limites établies par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec et parmi les plus bas dans les usines de chlorate de sodium du monde entier », informe-t-elle.

La production de la soixantaine d’employés est passée de 24 000 tonnes métriques par année en 1979, à une capacité de 157 000 tonnes métriques et 9 200 tonnes métriques d’hydrogène aujourd’hui.

Outre Magog, Eka Chimie possède trois autres usines de chlorate de sodium en Amérique du Nord, soit à Valleyfield, à Colombus (Mississipi) et Moses Lake (Washington).

Le siège social et le service des ventes sont à Altanta (Georgie). La compagnie opère deux autres usines aux États-Unis qui fabriquent d’autres produits entrant dans la confection du papier. Elles sont situées à Augusta (Georgie) et à Howard (Wisconsin).

La très forte majorité des clients de Eka Chimie sont des papetières comme Domtar. 70 % de la production prend la direction des États-Unis, principalement dans le Nord-Est américain. Son chlorate de sodium est aussi expédié jusqu’en Amérique du Sud.

Toujours selon Mme Martin, trois gros joueurs, dont Eka Chimie, se partagent essentiellement le marché nord-américain avec environ 20 % des parts chacun.

« Le marché n’est cependant pas en croissance et l’on prévoit un déclin. La demande reste bonne parce que le marché bouge jusqu’en Amérique du Sud. Deux usines de chlorate de sodium ont également fermé leurs portes récemment au Canada en raison de la valeur à la hausse du dollar canadien, de l’augmentation des coûts d’électricité et de l’éloignement de la matière première. Nous, on reste dans le marché parce que nous sommes très compétitifs », résume-t-elle.

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