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Collecte de fibres et papiers recyclés au Saguenay—Lac-Saint-Jean

Principale région forestière au Québec, le Saguenay—Lac-Saint-Jean avec autour de 24 % de la production, se soucie de la pérennité de la ressource forestière depuis plusieurs années, et n’a pas eu besoin, pour cela, des impacts de l’erreur boréale et de la réduction de 20 % de la coupe découlant de la Commission Coulombe.

Comme on l’a vu, fin octobre 2005, au colloque annuel de l’Association forestière du Saguenay—Lac-Saint-Jean, l’industrie doit composer avec l’image qu’a créé, dans l’opinion publique le film de Desjardins et Monderie et ses suites. Bien des intervenants soulignent que la forêt est bien gérée, ce qu’ignore une majorité de citoyens, dit-on. L’attribution de bois pour approvisionner l’industrie forestière de la région est de 8 millions de mètres cubes par an.

Conseiller industriel responsable du développement régional au ministère des Ressources naturelles de cette région, Marcel Chabot ne manque pas d’exemples à ce chapitre, rappelant le changement de régime forestier de 1986, étape ayant ajouté aux changements de pratiques forestières déjà amorcés. Ainsi, il y a une dizaine d’années que l’industrie est plus attentive au bois de petits volumes, notamment.

Depuis déjà plusieurs années, elle récupère de la matière inférieure aux diamètres dits marchands (bois mesuré et considéré dans les droits de coupe) soit de 10 centimètres et plus. Certaines entreprises ont accentué le processus dans la foulée de la Loi 71. Notamment la Scierie Lemay (Cascades) depuis deux ans et Abitibi-Consolidated (St-Thomas), ainsi que Bowater, une récupération destinée à la fabrication de pâte à partir de copeaux.

Cette approche a ses résultats : cela prend quelque 20 % moins de mètres cubes de bois pour fournir un millier de pieds de sciage, explique le ministère. On est plus minutieux pour les volumes récupérables; par exemple, on achète des diamètres inférieurs pour la production de copeaux. Quand on est en forêt, on récolte les sous-produits utilisables, un changement d’habitude autrement pas rentable.

À la base, on juge primordiale la sensibilisation des opérateurs sur le terrain à des changements de procédés, afin de s’assurer de mieux protéger la régénération naturelle, à compléter au besoin par du reboisement, un principe intégré à la régénération forestière.

La réduction des volumes décrétée conduira obligatoirement les exploitants de la forêt qui tardaient à appliquer ces pratiques à le faire, comme le feront aussi les gens de la forêt privée, en destinant certaines fibres à la pâte, par le biais de copeaux. Cette collecte de sous-produits doit s’intégrer au processus de base de récolte, pour être rentable, dit-on aussi.

Directrice générale de l’Association forestière du Saguenay—Lac-Saint-Jean, Diane Bouchard souligne l’évolution qui s’est manifestée dans le monde du sciage, au fil des ans et évoque de nouveaux créneaux et marchés s’étant ouverts. Président de l’AFSL Bernard Gagnon rappelle qu’on optimise les techniques et procédés de sciage du bois afin de produire le minimum de sous-produits de valeur moindre (copeaux et sciures) qui par la suite seront utilisés pour fabriquer du papier du carton et des panneaux, en somme utiliser la fibre au maximum: tout en priorisant les produits de valeurs supérieures qui seront utilisés dans la 2ème et 3ème transformation et la construction.

« L’important, pour les petites et moyennes scieries est de se doter des meilleures lames, par exemple, pour avoir le maximum de fibres et le minimum de sciures, réduire l’écorçage au maximum. Le président de l’AFS renchérit sur la récolte annuelle des scieries de la région. Peu ou pas de scieries ont des approvisionnements de 25 000 mètres cubes par an. C’est plus de l’ordre de 100 000 mètres cubes et pour les plus grosses 500 000 m c.» , dit-il.

« On veut que les abatteuses scient le plus près de la longueur dont nous avons besoin. On protège aussi les jeunes pousses. » Le président de l’AFSL rappelle la décision préventive et supposément temporaire de réduire la coupe de 20 % dans les forêts publiques. Il évoque les forêts surranées, dont l’importance fausse le rendement de croissance des forêts, selon le rapport Coulombe. Il rappelle aussi l’éloignement des approvisionnements et frais en découlant et est de ceux qui soulignent la bonne gestion de la forêt québécoise… mais rappelle que les règles en Asie sont différentes des nôtres. Il craint des pertes d’emplois importantes dans la région, un phénomène amorcé.

Le Forestier en chef Pierre Levac et son équipe veilleront à l’évaluation concrète de la possibilité forestière, dans un esprit de pérennité de la ressource.

Il fera des recommandations au ministre concernant les plans forestiers de l’industrie et évaluera les travaux sylvicoles et aménagements forestiers et déposera, à tous les cinq ans, un état des forêts publiques. Pour son mandat, la moitié de l’équipe d’une soixantaine de personnes travaillera à partir, des bureaux de Roberval, mais on en trouvera aussi dans d’autres régions ressources et à Québec, à partir du premier trimestre de 2006.

Depuis des années, le Saguenay—Lac-Saint-Jean est l’une des régions où on a développé avec succès la récupération de papiers et cartons, les intégrant à la fabrication de pâte, mais très peu dans des papetières de la région, souligne le directeur général de CODERR-02, Gérald Tremblay. Au Lac-Saint-Jean, le travail se fait au Centre de tri de Roberval.

Cela s’est d’abord et principalement fait dans deux usines de Cascades une philosophie d’entreprise des frères Lemaire, soit dans une cartonnerie de Saguenay et à son usine SFK pâte de Saint-Félicien (participation d’Abitibi-Consolidated), qui fabrique de la pâte Kraft, rappelle-t-on au ministère des Ressources naturelles de cette région. L’usine d’Alma utilise aussi du papier journal, rappelle CODERR-02.

Directeur général de CODERR-02, une organisation de 25 ans, Gérald Tremblay rappelle les changements de normes aux Etats-Unis sur le pourcentage accru de contenu recyclé et souligne que le marché est mondialisé. Il y a quelques années, 90 % du papier journal fabriqué au Québec était exporté… et récupéré ailleurs. Encore aujourd’hui, on en importe pour approvisionner les usines en incorporant.

« Les Américains exigeant un contenu de recyclé, cela nous permet de ménager nos forêts », dit Tremblay. Les collectes sélectives sont maintenant traitées à Saguenay et Roberval ; dans la MRC Lac-Saint-Jean-Est, par exemple, on collecte quelque 3 200 tonnes / an de papier / carton / verre / métal ; Tremblay évalue le papier et le carton entre 85 % et 90 %. Il rappelle que l’industrie d’ici s’est mise à jour, à la suite de positions européennes.

En 2008, le gouvernement du Québec obligera les 3 MRC du Lac-Saint-Jean à réduire de moitié l’enfouissement des déchets.

Au Centre québécois du développement durable, on rappelle le Plan de gestion des matières résiduelles ; on dispose d’informations de 2002 sur les 3 MRC du Lac-Saint-Jean.

On a généré 7408 tm de papiers et cartons qui représentent 15,5 % du total de la poubelle résidentielle. Les MRC ont mis en valeur 5315 tm soit 72% du papier et carton généré. On en a donc rejeté 2 093 tm à l’enfouissement sanitaire soit 28 %.

Le plan d’action québécois pour la gestion des matières résiduelles exige qu’au moins 60 % de ces matières soient récupérés avant 2008. Donc les MRC du Lac St-Jean dépassent déjà actuellement les exigences que le gouvernement du Québec leur impose d’atteindre avant 2008 dans le cadre de leur plan de gestion des matières résiduelles, dit le consultant Réjean Villeneuve (CQDD), précisant que ce n’est pas le cas pour toutes les matières. « Entre autres, les matières putrescibles et les déchets domestiques dangereux vont exiger des efforts énormes. »

Le plan de gestion de matières résiduelles proposé par les 3 MRC du Lac-Saint-Jean prévoit une approche qui permettra d’augmenter le taux de récupération des papiers et cartons car on prévoit récupérer dans le bac bleu tout ce qui est sec sans distinction. Ainsi, ce sera plus simple pour le citoyen et « nous prévoyons aussi faire beaucoup d’efforts pour favoriser la réduction à la source. Nous prévoyons réduire d’environ 10 % la consommation de papier et carton par des mesures de réduction à la source et augmenter le taux de récupération de 72 % (actuellement) à 84 % environ lorsque le PGMR sera mis en application », dit le consultant Villeneuve du CQDD.

Au Saguenay, le conseiller en environnement Sylvain Lavoie rappelle les contrats avec le centre de tri régional propriété de Saguenay et opéré par Matrec. En 2006, on passera au bac de récupération de 360 litres. L’industrie recherche un papier de meilleure qualité pour laquelle elle verse un meilleur prix. On confirme que la majeure partie du contenu de papiers et cartons recyclés se retrouvent à l’usine saguenéenne pour des produits divers n’exigeant pas une qualité première comme du papier; on en fait notamment un produit brut destiné à devenir des cartons d’emballage, produits de rembourrage pour livraison dans de telles boîtes.

Le Forestier en chef Pierre Levac et son équipe veilleront à l’évaluation concrète de la possibilité forestière, dans un esprit de pérennité de la ressource. Il fera des recommandations au ministre concernant les plans forestiers de l’industrie et évaluera les travaux sylvicoles et aménagements forestiers et déposera, à tous les cinq ans, un état des forêts publiques. Pour son mandat, la moitié de l’équipe d’une soixantaine travaille à partir des bureaux de Roberval, mais on en trouvera aussi dans d’autres régions ressources et à Québec.

Le Consortium de la forêt boréale de l’Université du Québec à Chicoutimi veut étudier la validité de définir une limite nordique en fonction de critères scientifiques plus rigoureux. Selon le biologiste Daniel Lord, aussi membre du comité scientifique responsable d’évaluer la limite nordique des forêts attribuables, « les connaissances actuelles ne permettent pas de fixer une nouvelle limite écologique. » Il fait la différence avec une limite de gestion. Le comité, qui n’a pas d’échéance de remise de recommandation, a tenu en janvier sa seconde rencontre. M. Lord est rattaché à l’UQAC, où il enseigne.

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