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General Motors en graves difficultés

GM vit des moments difficiles. Et cette fois-ci, il est facile d’en déterminer la cause : mauvaises prévisions de ventes et coûts fixes d’exploitation beaucoup trop élevés.

La situation est si critique chez GM que, malgré l’annonce de la suppression de 30 000 emplois et la fermeture d’une dizaine d’usines, la compagnie continue à perdre beaucoup d’argent (de janvier à novembre 2005, GM a perdu près de 6 milliards de dollars US). Ses revenus sont passés de 84,8 milliards à 77,3 milliards de dollars. Les actionnaires demandent de plus en plus la tête de son président, Rick Wagoneer, et d’une bonne partie du conseil d’administration.

Mais, pendant que les dirigeants sont aux prises avec une baisse des ventes, leurs concurrents vivent l’inverse. Il me semble que le moment est mal choisi pour ajouter à une pression constante en espérant que l’hémorragie se résorbe. En fait, il y a deux réalités : premièrement, les ventes de voitures et de camions neufs sont en baisse constante et ce, malgré les programmes de promotion très agressifs ; et deuxièmement, les fermetures d’usines et les mises à pieds se feront par étapes, donc la plupart des 30 000 employés licenciés seront rémunérés au moins jusqu’à la fin de 2007.

Or, qui dit baisse des ventes dit augmentation du volume d’inventaire. C’est là un autre boulet au pied du constructeur qui, pour s’en défaire, doit absolument offrir des rabais aux concessionnaires en plus de ceux offerts aux consommateurs. Comme si ce n’était pas assez, GM est toujours responsable des pensions de milliers de travailleurs qui travaillaient chez Delco, son ancien équipementier actuellement en faillite. Ces dépenses représentent plus de dix milliards de dollars US.

Là ne s’arrêtent pas les difficultés ! En 2006, GM lancera plus de 19 nouveaux modèles. Le problème est que plus de la moitié de ceux-ci sont des camions de moyenne ou pleine grandeur. Parmi ces modèles, mentionnons entre autres les grands VUS comme le Chevrolet Tahoe et le GMC Yukon et leurs pendants Cadillac, suivis par les camions Chevrolet Silverado et GMC Sierra.

Or, le prix du carburant est en hausse et les ventes de véhicules pleine grandeur très énergivores sont en baisse constante. Pourtant, à cause du manque de compétitivité de GM dans la vente d’automobiles, la viabilité de la compagnie dépend du succès de la vente de ces camions. La vente de voitures est également très inquiétante chez GM.

En fait, d’ici un an, les nouveaux modèles représenteront plus de 30 % des ventes totales d’automobiles de GM. Heureusement, ces nouvelles voitures comme la Pontiac Solstice, la G6, la Chevrolet HHR et la petite Cobalt ont beaucoup de succès. Néanmoins, le rythme de vente des concurrents est encore plus rapide et GM perd de précieuses parts de marché.

Ainsi, d’ici 12 à 24 mois, cette situation lui fera perdre sa prestigieuse première position mondiale au profit de Toyota.

Et comme un malheur ne vient jamais seul, cette perte aura des conséquences sur la fierté des employés, les poussant à quitter le bateau de GM pour joindre les rangs des constructeurs japonais qui construisent une nouvelle usine d’assemblage chaque fois que GM en ferme une. La baisse de capacité de production de GM, combinée à l’augmentation de celle de Toyota, aura raison du géant américain.

D’ailleurs, je crois sincèrement que l’avenir de la compagnie dépend directement d’une fusion avec un autre constructeur automobile. Pour le moment, GM demeure un très grand joueur sur l’échiquier automobile nord-américain. Mais, compte tenu de son retard technologique et de la constante hausse du prix du pétrole, je suis convaincu que cette situation sera insurmontable. GM survivra, c’est certain, mais ne pourra y arriver seul. Souvenez-vous de ces prévisions… et bonne année !

Pierre Michaud journaliste automobile et animateur de l’émission RPM-Roulez avec Pierre Michaud , sur les ondes de TQS le dimanche à 10 h.

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